Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : franchement pas mal pour ce qu’on a dans la boîte
Illustrations et ergonomie : joli sur la table, mais pas parfait
Qualité du matériel : correct, mais les cartes méritent des protections
Durée de vie et envie d’y revenir : très bon pour une famille, limité pour gros joueurs
Gameplay et difficulté : tendu, rapide, mais dépendant de la chance
Règles et sensations de jeu : simple, tendu, mais un peu répétitif
Points Forts
- Règles assez simples et parties de 30 minutes, facile à sortir avec tout le monde
- Vraie tension grâce à l’île qui coule et à la difficulté modulable
- Bon rapport qualité-prix pour un jeu coopératif familial avec un matériel correct
Points Faibles
- Dépendance importante à la pioche des cartes, ce qui peut frustrer certains joueurs
- Rejouabilité limitée pour un groupe fixe de gros joueurs, on fait vite le tour des stratégies
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Asmodee |
| Dimensions du produit (L x l x h) | 16 x 7 x 22,1 cm; 399,16 grammes |
| Âge recommandé par le fabricant | 10 ans et plus |
| Valeur(s) éducative(s) | 2-4 |
| Langue : | Français |
| Référence fabricant | INT47 |
| Nombre de joueurs | 4 |
| Nombre de pièces | 1 |
Un jeu coopératif qui change du Monopoly
Je joue pas mal aux jeux de société modernes, mais à la maison on tourne souvent sur les mêmes classiques. J’ai pris L’Île interdite pour avoir un jeu coopératif simple à sortir avec des ados et des adultes qui ne sont pas des gros joueurs. Après plusieurs soirées à y jouer à 2, 3 et 4, je peux dire que ça remplit plutôt bien ce rôle, avec quelques limites à connaître avant d’acheter.
Le principe est basique : on est une équipe d’aventuriers sur une île qui coule petit à petit, il faut récupérer quatre trésors et se barrer en hélico avant que tout disparaisse sous l’eau. Tout le monde gagne ou tout le monde perd, donc on discute beaucoup et on essaie de se coordonner. Si vous avez déjà joué à Pandemic, on sent clairement la même patte, mais en plus court et plus accessible.
Ce qui m’a plu dès les premières parties, c’est le côté tendu mais pas prise de tête. Les règles s’apprennent assez vite, surtout si quelqu’un a déjà l’habitude des jeux coop, et une fois lancé, ça tourne bien. Par contre, la première lecture de la règle n’est pas très fluide, on a dû vérifier plusieurs points en cours de partie, et je comprends les avis qui parlent de notice un peu vague.
Globalement, après quelques sessions, mon avis c’est que c’est un bon jeu d’initiation au coopératif, surtout pour une famille ou un groupe qui veut un truc de 30 minutes avec un peu de réflexion. Ce n’est pas le jeu le plus profond du monde, on en fait vite le tour si on joue beaucoup, mais pour le prix et la durée d’une partie, ça fait clairement le job.
Rapport qualité-prix : franchement pas mal pour ce qu’on a dans la boîte
Sur le rapport qualité-prix, je trouve que L’Île interdite s’en sort bien. On a un jeu complet, jouable à 2-4, qui tourne en 30 minutes, avec un matos correct et une vraie identité visuelle. Pour le tarif habituel qu’on voit en boutique ou en ligne, ça reste raisonnable, surtout comparé à certains jeux modernes qui coûtent deux fois plus pour finalement être sortis aussi souvent.
Concrètement, avec ce jeu, vous payez pour : un concept coopératif accessible, une mise en place rapide, une difficulté modulable, et une durée d’apprentissage assez courte. Si vous avez des enfants à partir de 10 ans (voire un peu moins s’ils sont habitués aux jeux), ça peut clairement devenir un classique du week-end. Pour des adultes qui découvrent les jeux modernes, c’est aussi une bonne porte d’entrée sans partir sur des boîtes à 60 €.
Après, soyons honnêtes : si vous êtes déjà bien équipé en jeux coopératifs (Pandemic, The Crew, etc.), L’Île interdite n’apporte pas une énorme nouveauté. Il est plus simple, plus court, mais aussi moins profond. Dans ce cas-là, le rapport qualité-prix dépend vraiment de votre besoin : si c’est pour avoir un coop rapide à sortir avec des non-joueurs, ça se justifie. Si c’est pour jouer uniquement entre gros joueurs, autant viser directement un truc un peu plus costaud.
Globalement, pour une famille ou un groupe d’amis qui veut un jeu coop sympa sans exploser le budget, je dirais que le rapport qualité-prix est bon. Ce n’est pas un investissement énorme, et même si vous ne le sortez qu’une fois de temps en temps, il sera vite rentabilisé en nombre de soirées animées.
Illustrations et ergonomie : joli sur la table, mais pas parfait
Niveau look, L’Île interdite s’en sort plutôt bien. Les tuiles sont bien illustrées, avec des noms de lieux qui font voyager un peu (Temple du Soleil, Palais de Corail, etc.). Quand on pose tout sur la table, ça donne un petit côté carte au trésor qui plaît bien, surtout aux enfants et aux gens qui ne jouent pas souvent. Les figurines de trésors sont en plastique mais rendent bien, ça donne un petit effet « objet à récupérer » qui marche bien dans le thème.
Par contre, il y a quelques détails qui m’ont un peu fait tiquer. Déjà, l’île en elle-même ne forme pas un visuel cohérent une fois toutes les tuiles posées : c’est plus un patchwork de lieux qu’un vrai paysage. Ce n’est pas dramatique, mais quand on lit les descriptions du jeu, on pourrait s’attendre à quelque chose d’un peu plus raccord visuellement. Ensuite, la petite échelle pour le niveau des eaux est pratique, mais le marqueur est assez basique et peut bouger si on cogne la table.
En termes d’ergonomie, les icônes et les textes sur les tuiles et les cartes sont globalement clairs. On distingue bien les tuiles importantes, les tuiles de départ des trésors, etc. Les cartes Trésor et Inondation sont bien différenciées par la couleur du dos, donc pas de confusion à ce niveau-là. Sur la table, le jeu prend une place raisonnable, même sur une petite table de salon, ce qui est un vrai plus par rapport à certains gros jeux modernes.
Au final, le design est réussi pour un jeu de ce prix : ça donne envie d’y jouer et ça parle à tout le monde. Mais si vous cherchez un truc hyper immersif visuellement ou ultra travaillé dans les moindres détails, on n’est pas à ce niveau-là. C’est propre, lisible, agréable à regarder, et pour un jeu familial, c’est largement suffisant.
Qualité du matériel : correct, mais les cartes méritent des protections
Sur la qualité pure du matériel, je dirais que c’est correct sans plus. Les tuiles de l’île sont en carton assez épais, elles tiennent bien en main et ne se tordent pas facilement. Après plusieurs parties, elles n’ont pas bougé, pas de coins abîmés ou de déchirures. Pour un jeu qui date de 2010, on sent que la production était déjà au niveau des standards actuels des jeux familiaux.
Les figurines de trésors sont en plastique dur, plutôt solides. Ce n’est pas du luxe, mais ça fait le job et ça donne un côté un peu « jouet » qui plaît bien aux plus jeunes. Les pions aventuriers sont en bois, basiques mais lisibles. Rien à dire de spécial là-dessus, ça ressemble beaucoup à ce qu’on trouve dans plein d’autres jeux coopératifs de la même gamme.
Le vrai point faible, pour moi, ce sont les cartes. Elles sont de qualité moyenne : pas catastrophiques, mais clairement si vous jouez souvent, elles vont s’user. On les mélange beaucoup à chaque partie (surtout les cartes Inondation et Trésor), donc au bout de quelques sessions, on commence déjà à voir des petites marques. Honnêtement, si vous pensez sortir le jeu régulièrement, des protège-cartes ne sont pas une mauvaise idée.
La boîte en métal (selon l’édition) est pratique pour le rangement et protège bien le jeu. À l’intérieur, le calage est fonctionnel, même si ce n’est pas du sur-mesure millimétré. On retrouve tout facilement, rien ne se balade trop. Globalement, pour le prix, le matériel est cohérent : on n’est pas sur un objet de collection, mais sur un jeu familial qui va survivre à pas mal de parties si on en prend un minimum soin.
Durée de vie et envie d’y revenir : très bon pour une famille, limité pour gros joueurs
Sur la durée, je trouve que L’Île interdite tient plutôt bien la route pour ce qu’il est censé être : un jeu coopératif familial, rapide et accessible. Après plusieurs semaines à le sortir de temps en temps, je n’ai pas l’impression de l’avoir « cassé » ou d’en être totalement lassé. Avec des joueurs différents (amis, famille, enfants, ados), ça repart à chaque fois, parce que chacun découvre les rôles et la pression de l’île qui coule.
Là où la durée de vie est un peu plus limitée, c’est si vous jouez toujours avec le même groupe d’adultes un peu joueurs. Au bout de 10-15 parties, on commence à maîtriser les priorités : quelles tuiles protéger, quand utiliser les hélicos, comment placer les rôles ensemble, etc. Du coup, on gagne plus souvent, même en montant la difficulté, et la courbe de progression se tasse. On n’a pas ce côté renouvellement permanent qu’on peut trouver dans des jeux coop plus gros ou avec des extensions.
En termes de solidité physique, comme je disais plus haut, les tuiles tiennent bien, les pions aussi. Les cartes, par contre, vont forcément marquer si vous jouez souvent sans protections. Rien de dramatique, mais on sent que ce n’est pas fait pour des centaines de parties intensives sans un peu de soin. Pour un usage « normal » de famille (quelques parties par mois), ça ira largement.
Si je compare à d’autres jeux coop du même auteur (comme Pandemic), je dirais que L’Île interdite a une durée de vie plus courte pour des joueurs réguliers, mais se sort plus facilement avec n’importe qui. Donc tout dépend de ce que vous cherchez : un jeu facile à ressortir avec des publics variés, il fait le job. Un jeu coop pour un groupe fixe de gros joueurs, vous risquez de passer à autre chose assez vite.
Gameplay et difficulté : tendu, rapide, mais dépendant de la chance
Sur la « performance » du jeu, si on peut dire ça comme ça, je trouve que L’Île interdite est bien calibré pour des parties de 30 minutes. On ne passe pas une heure à s’installer ni à expliquer les règles. Une fois que tout le monde a compris le tour de jeu (3 actions + pioche de cartes + inondation), ça s’enchaîne vite. Sur ce point, c’est vraiment pratique pour une partie avant le dîner ou en fin de soirée quand personne n’a envie de se lancer dans un gros jeu.
Niveau difficulté, on a plusieurs niveaux (Novice, Normal, etc.) en fonction de la position du marqueur sur l’échelle des eaux au départ. Au début, même en Novice, on s’est fait surprendre plusieurs fois. Le jeu ne pardonne pas les erreurs : si on laisse une tuile clé couler ou si on tarde trop à récupérer un trésor, la situation peut devenir ingérable en deux tours. C’est ce qui fait le côté « challenge », mais ça peut aussi frustrer certains joueurs qui n’aiment pas perdre souvent.
Il faut aussi savoir que le jeu est très dépendant de l’aléatoire. Les cartes Inondation peuvent cibler plusieurs fois la même zone et vous plomber une stratégie pourtant bien pensée. Idem pour les cartes Trésor : si les bonnes cartes sortent tard, vous allez courir partout pour rien. Personnellement, ça ne me dérange pas sur un jeu de 30 minutes, mais ceux qui veulent un truc très contrôlable risquent de tiquer un peu.
En termes de rejouabilité, la mise en place de l’île change à chaque fois, les rôles aussi, donc les premières dizaines de parties restent intéressantes. Après un certain nombre de sessions, on commence quand même à sentir qu’on applique un peu toujours les mêmes priorités et les mêmes plans de secours. Ça reste plaisant, mais ce n’est pas le genre de jeu qu’on va « creuser » pendant des années. Pour un public familial, c’est largement suffisant, pour des gros joueurs, ça peut vite faire « apéro game » qu’on sort de temps en temps.
Règles et sensations de jeu : simple, tendu, mais un peu répétitif
Concrètement, une partie de L’Île interdite, ça ressemble toujours un peu au même schéma : on se déplace, on assèche des tuiles, on essaie de récupérer des cartes trésor, on surveille les zones critiques, et on subit les cartes inondation qui font couler l’île. La mécanique des tuiles qu’on retourne puis qu’on retire de la table est vraiment bien trouvée. Visuellement, on voit l’île disparaître, et ça met une vraie pression sans avoir besoin de règles compliquées.
Chaque joueur a un rôle avec un pouvoir spécifique (explorateur, pilote, ingénieur, etc.), et c’est ça qui fait le sel du jeu. Les combos de pouvoirs permettent de mettre en place des petites stratégies sympas : par exemple, l’ingénieur qui assèche deux tuiles d’un coup, ou le pilote qui peut transporter tout le monde. À 4 joueurs, ça discute pas mal, parfois un peu trop d’ailleurs, avec le risque d’avoir un joueur qui dicte tout. À 2 joueurs, c’est plus fluide, mais le jeu est un peu plus punitif.
Niveau difficulté, ne vous fiez pas au look « jeu familial » : on peut perdre assez souvent, surtout au début. Même en mode facile, on s’est fait surprendre par des enchaînements de cartes « Montée des eaux ». Par contre, une fois qu’on a compris les priorités (protéger certains lieux, optimiser les déplacements), le jeu devient plus gérable et on gagne plus régulièrement. C’est là que ça peut devenir un peu répétitif si on enchaîne trop de parties.
En résumé, les sensations de jeu sont bonnes : on a vraiment l’impression de lutter ensemble contre un système qui s’emballe. Mais ce n’est pas un jeu qu’on va sortir trois fois par semaine pendant des mois. Pour moi, c’est parfait en jeu de temps en temps, avec des gens différents, ou comme porte d’entrée vers des jeux coopératifs plus costauds.
Points Forts
- Règles assez simples et parties de 30 minutes, facile à sortir avec tout le monde
- Vraie tension grâce à l’île qui coule et à la difficulté modulable
- Bon rapport qualité-prix pour un jeu coopératif familial avec un matériel correct
Points Faibles
- Dépendance importante à la pioche des cartes, ce qui peut frustrer certains joueurs
- Rejouabilité limitée pour un groupe fixe de gros joueurs, on fait vite le tour des stratégies
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, L’Île interdite, c’est un bon petit jeu coopératif familial : règles assez simples, parties rapides, tension bien présente, et un thème d’aventure qui parle à tout le monde. On sent que le jeu a été pensé pour être accessible sans être complètement trivial. On perd régulièrement au début, on apprend de ses erreurs, et on commence à mieux gérer les priorités. Pour jouer avec des enfants, des ados, ou des adultes pas très joueurs, ça marche vraiment bien.
Par contre, il faut être clair : ce n’est pas un jeu infini. Avec un groupe d’adultes qui joue souvent, on fait vite le tour des stratégies, et la part de hasard peut frustrer certains. Le matériel est correct mais sans luxe, les cartes mériteraient presque des protections si vous prévoyez de beaucoup y jouer. Malgré ça, pour le prix et le format, je trouve que le jeu fait largement le job. C’est typiquement le genre de boîte que je suis content d’avoir sous la main quand il faut proposer un jeu qui ne dure pas trois heures et qui implique tout le monde.
En résumé : je le conseille aux familles, aux groupes qui découvrent les jeux coopératifs, et à ceux qui veulent un jeu rapide et tendu à sortir avec des publics variés. Si vous êtes déjà bien équipé en jeux coop et que vous cherchez quelque chose de plus profond et moins dépendant de la chance, vous pouvez viser un cran au-dessus.